Les plus belles activités de vacances en Costa Verde Corse
La Corse a
plusieurs visages, et celui que présente la Costa Verde est peut-être le moins
attendu et le plus attachant. Cette façade orientale de l'île, qui s'étire
entre Moriani-Plage au nord et les environs de Ghisonaccia au sud, doit son nom
à la densité de sa végétation, une muraille de pins maritimes, de chênes-lièges
et d'eucalyptus qui borde une côte plate, sableuse et généreuse en kilomètres
de plages quasi désertes. Ici, pas de falaises spectaculaires ni de calanques
photographiées sous tous les angles. La Costa Verde joue une autre partition,
celle de la nature discrète et préservée, des étangs peuplés de flamants roses,
des rivières qui descendent des sommets voisins pour se fondre dans une mer
Tyrrhénienne d'un bleu profond. Un territoire à part dans la Corse touristique,
qui révèle ses richesses à ceux qui lui accordent le temps qu'il mérite.
Les plages infinies de la Costa Verde, sable, solitude et liberté à perte de vue
La Costa Verde est avant tout une affaire de plages. Des plages longues, très longues, bordées de sable fin légèrement doré dont l'étendue décourage les foules de s'y concentrer même en pleine saison estivale. C'est cette qualité rare qui attire sur ce littoral une clientèle différente de celle qui se presse à Porto-Vecchio ou à Calvi, des voyageurs qui recherchent l'espace, le silence et ce luxe fondamental qu'est la possibilité de marcher des kilomètres sur le sable sans croiser âme qui vive.
La plage de Moriani est l'une des plus accessibles et des plus fréquentées du secteur nord de la Costa Verde, ce qui, dans ce contexte, signifie simplement qu'on y trouve quelques services de base et une route carrossable jusqu'au bord de l'eau. Son sable clair et fin, ses eaux peu profondes sur une largeur généreuse et la vue sur les collines boisées de Castagniccia qui forment l'arrière-plan terrestre lui confèrent une personnalité douce et familiale qui séduit les habitués de la région.
Plus au sud,
la plage de Prunete et le secteur de Cervione ouvrent sur des kilomètres de
rivage qui se succèdent avec une régularité apaisante. Ces plages
semi-sauvages, accessibles par des pistes forestières que les pins ont
colonisées jusqu'à l'orée du sable, sont le terrain de prédilection des
campeurs en autonomie, des naturistes discrets et des pêcheurs à la ligne qui
s'installent à l'aube avec leurs cannes et leur thermos de café. L'atmosphère y
est celle d'une Corse qui n'a pas encore tout à fait intégré les codes du
tourisme de masse, et cette légère résistance au formatage est précisément ce
qui la rend précieuse.
Les eaux de la Costa Verde méritent une mention particulière. La mer Tyrrhénienne, sur cette côte orientale, se réchauffe plus vite et plus tôt dans la saison que les côtes occidentales exposées au vent. Dès le mois de juin, les températures de surface atteignent des valeurs qui rendent la baignade prolongée non seulement agréable mais franchement addictive. Le fond sableux et l'absence de rochers à l'approche du rivage font de ces eaux un environnement particulièrement sécurisé, que les familles avec de jeunes enfants ont appris à choisir pour cette qualité spécifique.
Les étangs de la Costa Verde, flamants roses, pêcheurs et biodiversité exceptionnelle
La Costa
Verde n'est pas seulement une façade marine. Elle est aussi une succession
d'étangs côtiers, de lagunes saumâtres et de zones humides qui constituent l'un
des patrimoines naturels les plus remarquables de la Corse orientale. Ces
milieux amphibies, à la frontière entre la terre et la mer, abritent une
biodiversité aviaire d'une richesse que les naturalistes du continent
traversent parfois spécialement pour observer.
L'étang de Diane, le plus vaste et le plus connu de ces plans d'eau côtiers, est une étendue d'eau saumâtre d'environ deux cent quarante hectares dont les profondeurs variables et la richesse en nutriments en font un garde-manger naturel pour une faune piscicole abondante. Les ostréiculteurs qui y cultivent leurs huîtres depuis des générations perpétuent un savoir-faire antique que les Romains, dit-on, avaient déjà reconnu en faisant de cet étang l'un de leurs sites de pêche favoris lors de leur présence en Corse. Visiter les parcs à huîtres de Diane, déguster quelques coquillages ouverts à la minute sur un ponton flottant avec un verre de muscat corse, voilà une expérience gastronomique et culturelle que la Costa Verde offre avec une générosité qui n'a rien d'artificiel.
Les flamants
roses sont les ambassadeurs les plus spectaculaires de ces zones humides.
Présents en nombre variable selon les saisons, ces oiseaux à la silhouette
improbable colonisent les berges peu profondes des étangs avec une nonchalance
aristocratique qui force l'admiration. Les observer à l'aube depuis la digue qui
longe l'étang de Diane, quand la brume matinale enveloppe les roseaux et que la
lumière rose du soleil levant se confond avec la couleur de leur plumage, est
l'un des spectacles naturalistes les plus poignants que la Corse orientale
puisse offrir.
Les birdwatchers
confirmés, équipés de leurs longues-vues et de leurs guides ornithologiques,
trouvent sur la Costa Verde un terrain d'observation exceptionnel, aigrettes
garzettes, hérons cendrés, tadornes de Belon, laro-limicoles migrateurs en
halte sur la côte orientale lors des passages printanier et automnal. Cette
concentration d'espèces dans un espace relativement restreint fait de la Costa
Verde l'une des zones d'observation aviaire les plus riches de toute la
Méditerranée occidentale.
Randonnées et nature, de la plaine côtière aux premiers contreforts de la Castagniccia
La Costa
Verde est adossée à l'un des massifs forestiers les plus extraordinaires de
toute la Corse, la Castagniccia, ce territoire de châtaigniers centenaires et
de villages de schiste perchés sur des crêtes qui semblent hésiter entre la
terre et le ciel. La proximité entre le littoral sableux et ces reliefs
couverts d'une forêt dense crée un gradient de paysages que les randonneurs
peuvent parcourir en une seule journée, passant de la mer à mille mètres
d'altitude sans jamais ressentir la moindre monotonie.
Les sentiers qui relient les villages de la Castagniccia au littoral de la Costa Verde ne sont pas encore balisés avec la précision des grandes randonnées nationales, ce qui leur confère un caractère d'exploration authentique particulièrement apprécié des marcheurs expérimentés. Le sentier qui monte depuis Cervione vers le couvent Saint-François d'Orezza, en traversant une alternance de châtaigneraies anciennes et de maquis de montagne, est l'un des plus beaux de ce secteur. Le couvent lui-même, fondé au XVe siècle et longtemps haut lieu de la résistance corse à diverses occupations, conserve une atmosphère de recueillement et de beauté architecturale sobre qui mérite une halte prolongée.
La cascade
de la Piscia di l'Onda, dans le massif de Ghisoni à moins d'une heure de route
depuis la plaine côtière, est une autre destination de randonnée d'une qualité
remarquable. Cette chute d'eau de plusieurs dizaines de mètres se jette dans
une vasque naturelle encadrée de rochers granitiques lisses où la baignade en
eau douce est une expérience rafraîchissante après l'effort de montée. La
combinaison bain de mer le matin sur la Costa Verde et baignade en cascade
l'après-midi dans les gorges de la Restonica ou du Fium'Orbo constitue l'une de
ces journées doubles que seule la Corse, avec sa géographie vertigineuse, peut
offrir.
Le trail de la Via Romana, courir sur les traces de l'histoire le long de la Corse orientale
Il existe sur la côte orientale de la Corse un itinéraire de trail qui sort résolument du lot des sentiers balisés habituels, non pas parce qu'il offre des dénivelés vertigineux ou des panoramas spectaculaires, mais parce qu'il superpose avec une rare élégance la performance sportive et la traversée d'un territoire historique d'une densité exceptionnelle. La Via Romana, cet ancien axe de communication tracé par les ingénieurs de Rome il y a plus de deux mille ans pour relier les différentes colonies de la plaine orientale corse, est aujourd'hui l'épine dorsale d'un trail nature qui attire chaque année davantage de coureurs venus de toute la Méditerranée.
Le tracé emprunte par tronçons les vestiges de cette voie antique qui longeait autrefois la plaine entre Aléria et Mariana, desservant les domaines agricoles, les relais de poste et les agglomérations secondaires dont les archéologues retrouvent régulièrement les traces sous les pinèdes de la Costa Verde. Courir sur ce sol, c'est littéralement poser les pieds là où des légionnaires romains ont marché avec leurs sandales cloutées, là où des marchands grecs ont conduit leurs mules chargées d'amphores d'huile et de vin. Cette conscience historique qui accompagne l'effort physique donne au trail de la Via Romana une dimension que les courses de montagne classiques ne possèdent pas.
Le profil technique de l'itinéraire est celui d'un trail de plaine et de transition, avec des segments sur piste forestière dans les pinèdes, des passages en bordure d'étangs côtiers, des traversées de garrigues basses parfumées au myrte et au lentisque, et des incursions dans les premiers contreforts de la Castagniccia où le sentier s'élève suffisamment pour offrir des vues sur la plaine et la mer Tyrrhénienne qui récompensent l'effort consenti. La totalité du parcours développe entre trente et cinquante kilomètres selon les variantes choisies, un format qui convient aussi bien aux trailers confirmés cherchant une épreuve longue et contemplative qu'aux coureurs de niveau intermédiaire souhaitant découvrir ce territoire par la pratique sportive.
La faune qui peuple ces chemins est une compagnie constante et surprenante : des tortues d'Hermann traversent parfois la piste avec une dignité imperturbable, des sangliers détallent dans le maquis au bruit des pas, des buses variables planent haut dans le ciel limpide de la plaine orientale. La végétation change au fil des kilomètres avec une variété qui maintient l'attention du coureur en éveil : pinèdes denses et ombragées, zones ouvertes balayées par le vent marin, galeries de chênes-lièges dont les troncs dépouillés de leur écorce révèlent un bois d'un rouge orangé presque animal. Courir la Via Romana, c'est finalement traverser la Costa Verde dans son épaisseur, en comprendre les strates naturelles et historiques avec le corps plutôt qu'avec les yeux, et rentrer au point de départ avec cette fatigue heureuse qui est la signature des trails qui en valent vraiment la peine.
La gastronomie de la Corse orientale, entre mer, forêt et traditions villageoises
La Costa
Verde et son arrière-pays immédiat constituent l'un des territoires
gastronomiques les plus authentiques et les moins formatés de toute la Corse.
Loin des adresses touristiques des grandes stations balnéaires, les restaurants
et les producteurs de cette région orientale pratiquent une cuisine de
conviction, ancrée dans des produits locaux d'une qualité que la proximité
entre la mer, la forêt et la montagne rend particulièrement diverse.
La châtaigne
est ici reine. La Castagniccia tire littéralement son nom de cet arbre dont les
fruits ont nourri la population corse pendant des siècles et dont la farine
constitue encore aujourd'hui la base d'une pâtisserie insulaire dont la
richesse aromatique surprend toujours les palais continentaux. La farine de
châtaigne entre dans la composition du fiadone, ce gâteau corse au brocciu dont
la texture dense et parfumée est incomparable quand il est préparé avec soin
par une main experte, mais aussi dans celle des canistrelli, ces petits
biscuits secs à la texture friable qui accompagnent le café du matin avec une
évidence qui touche au rituel.
Les fromages
de brebis de la Castagniccia, affinés dans des caves de schiste ventilées par
le vent de montagne, développent des arômes complexes qui n'ont rien à voir
avec les productions industrielles que le marché de la grande distribution a
standardisées. Les éleveurs qui conduisent encore leurs troupeaux selon des
transhumances saisonnières proposent directement leurs productions aux
visiteurs de passage, dans une économie de proximité où la confiance entre le
producteur et l'acheteur est la règle et non l'exception.
Les huîtres et les moules de l'étang de Diane trouvent naturellement leur place dans les assiettes des restaurants côtiers de la Costa Verde, préparées avec une simplicité qui respecte la qualité intrinsèque du produit, huîtres gratinées au brocciu et à la menthe fraîche, moules marinières au vin blanc corse, plateau de fruits de mer dressé sans sophistication inutile sur un lit d'algues. Ces associations de produits marins et de fromages locaux, que les cuisiniers de la région pratiquent avec une inventivité discrète, sont l'expression la plus directe de ce que la Costa Verde a d'unique, une terre qui donne simultanément la mer et la montagne, et dont la gastronomie reflète cette double générosité.
Sports nautiques et activités aquatiques, la Costa Verde, un terrain de jeu marin méconnu
La
réputation balnéaire de la Costa Verde souffre d'une injustice criante, ses
plages sont si longues et si peu spectaculaires au premier regard que les voyageurs
en quête de paysages dramatiques lui préfèrent souvent les côtes plus
photogéniques de la Corse du Sud ou du golfe de Porto. C'est une erreur que les
initiés des sports nautiques ne commettent jamais, car ce littoral offre des
conditions de pratique sportive sur l'eau qui comptent parmi les meilleures de
l'île.
Le vent
thermique qui se lève chaque après-midi sur la côte orientale, renforcé par le
souffle descendant des vallées de la Castagniccia, crée des conditions de
navigation à voile et de sports de glisse d'une régularité appréciable. Les
adeptes du kitesurf ont depuis longtemps découvert les plages de Ghisonaccia et
d'Aléria comme des spots de pratique de qualité, où la largeur des plages et le
faible taux de fréquentation permettent d'évoluer sans contrainte spatiale. Les
débutants y trouvent des conditions d'apprentissage idéales, et les pratiquants
confirmés peuvent y développer des sessions longues et intenses que les vents
capricieux des côtes occidentales ne permettent pas toujours.
Le kayak de
mer est une autre façon remarquable d'explorer la Costa Verde. Longer en kayak
les abords des étangs côtiers, remonter les embouchures des petits fleuves
côtiers sur quelques centaines de mètres pour observer la faune aquatique dans
son milieu naturel, explorer les berges de l'étang de Diane au lever du soleil,
ces activités douces et silencieuses sont en parfaite cohérence avec l'esprit
d'un territoire qui n'a jamais cherché à s'imposer mais qui récompense
généreusement ceux qui lui accordent leur attention.
La plongée
sous-marine dans les eaux de la Costa Verde révèle des fonds que la
transparence de la mer Tyrrhénienne permet d'observer dans d'excellentes
conditions de visibilité. Les herbiers de posidonie qui s'étendent au large des
plages abritent une faune marine diversifiée, et plusieurs épaves de navires
coulés lors des conflits du XXe siècle reposent sur des fonds accessibles aux
plongeurs de niveau intermédiaire, ajoutant une dimension historique à
l'exploration sous-marine.
Aléria et le patrimoine archéologique, quand la Costa Verde révèle son âme antique
La Costa
Verde n'est pas seulement un territoire de nature et de sports, c'est aussi une
terre d'histoire dont les strates archéologiques remontent à plusieurs
millénaires. Aléria, ville antique installée sur une terrasse dominant l'étang
de Diane et le Tavignanu, est l'un des sites archéologiques les plus importants
de toute la Méditerranée insulaire occidentale. Les Grecs de Phocée s'y
installèrent au VIe siècle avant notre ère, remplacés par les Carthaginois puis
par Rome qui en fit la capitale administrative de la Corse pendant plusieurs
siècles. Ce passé glorieux a laissé des traces qui affleurent encore à la
surface d'un sol que les archéologues n'ont pas fini d'interroger.
Le musée
Jérôme Carcopino, installé dans le fort génois qui domine le site antique,
rassemble les objets exhumés lors des fouilles successives avec une
scénographie sobre qui laisse parler les artefacts. Les amphores grecques et
romaines, les céramiques à figures rouges importées d'Attique, les monnaies
frappées à l'effigie des empereurs, les bijoux en or d'une finesse d'orfèvrerie
saisissante, cette collection témoigne de l'intensité des échanges commerciaux
qui faisaient d'Aléria un nœud commercial central dans la Méditerranée antique.
Visiter ce musée avant de se rendre sur la plage voisine ajoute une profondeur
temporelle au séjour sur la Costa Verde qui en change radicalement la
perception.
Les fouilles
en cours sur le site même d'Aléria sont parfois ouvertes aux visites commentées
pendant la saison estivale, permettant d'observer les archéologues au travail
dans une relation directe et pédagogique avec la matière historique. Ces
visites de chantier, proposées par l'équipe de recherche en partenariat avec
les collectivités locales, sont des expériences éducatives d'une qualité rare
qui marient avec bonheur la curiosité intellectuelle et l'émotion du contact
direct avec les vestiges d'un passé lointain.
La Costa Verde, l'autre Corse qui attend d'être véritablement découverte
Repartir de
la Costa Verde avec le sentiment d'avoir effleuré quelque chose d'essentiel
sans tout à fait réussir à le saisir est une expérience que tous ses visiteurs
connaissent. Ce territoire oriental de la Corse a cette qualité rare des lieux
authentiques, il ne livre pas tout immédiatement, il se laisse approcher
progressivement, révélant une couche de richesse à chaque journée
supplémentaire qu'on lui consacre.
Les plages
sans fin et leur lumière particulière, les étangs peuplés de flamants et d'aigrettes,
l'arrière-pays de la Castagniccia avec ses châtaigniers millénaires et ses
villages de schiste, la gastronomie ancrée dans des traditions que l'économie
marchande n'a pas encore standardisées, les sports nautiques pratiqués dans des
eaux peu connues mais d'une qualité réelle, tout cela compose un portrait de la
Corse orientale qui mérite infiniment mieux que la réputation de côte de
transit que les voyageurs pressés lui ont longtemps attribuée.








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